Rappelons qu'un scalaire
est valeur propre si et
seulement si le déterminant de la matrice
est
nul. On commencera donc par calculer ce déterminant, appelé
polynôme caractéristique.
Le polynôme caractéristique est un polynôme de degré
en
, dont les coefficients dépendent des
.
Cependant, on n'a pas intérêt à le
développer.
En effet le but est de trouver ses racines, qui sont les valeurs
propres. On cherchera donc plutôt à factoriser
.
Si on travaille dans
, il peut se faire que le polynôme n'ait
pas que des racines réelles, auquel cas la matrice ne sera pas
diagonalisable dans
. Dans
, par contre, tout polynôme est
scindé, c'est à dire qu'il admet
racines, si on les compte
avec leur multiplicité. Nous supposerons désormais que
est scindé, et qu'il admet pour racines
, de multiplicités respectives
: comme le polynôme est de degré
, la somme
vaut
. On peut écrire :
La seconde étape d'une diagonalisation est la détermination des
sous-espaces propres associés aux valeurs propres
. Pour
chaque valeur propre
, on cherche l'ensemble des solutions
du système
. On trouve comme ensemble de
solutions un sous-espace vectoriel : le sous-espace propre associé
à
. On démontre, et nous admettrons,
que sa dimension est nécessairement inférieure
ou égale à la multiplicité
de la valeur propre.
La matrice
est diagonalisable si et seulement si pour tout
, le sous-espace propre associé à la valeur propre
a pour dimension la multiplicité de
.
Observons que si
est valeur propre, il existe
nécessairement un vecteur propre non nul associé à
,
par définition. Donc la dimension du sous-espace propre associé à
est au moins
.
Le cas le plus simple est celui des valeurs propres de multiplicité
. Dans ce cas la dimension du sous-espace propre est à la fois
et
: elle vaut nécessairement
.
Il suffit alors de trouver un vecteur
propre : tous les autres seront proportionnels à celui-ci).
On peut pour cela, soit résoudre le système
, soit utiliser la "méthode des cofacteurs",
conséquence de la proposition ci-dessous.
Nous verrons plus loin des exemples d'utilisation de cette méthode,
à utiliser surtout en dimensions
et
.
Comme nous l'avons vu, certaines matrices ne sont diagonalisables que
dans
, car leur polynôme caractéristique n'est pas scindé
dans
. D'autres ont un polynôme caractéristique scindé dans
mais elles ont des valeurs propres multiples et la dimension des
sous-espaces propres n'est pas égale à la multiplicité.
A part le cas où toutes les valeurs propres sont distinctes, il
existe un cas particulier important de matrice diagonalisable, celui
des matrices réelles symétriques.
Nous admettrons le théorème suivant.
Le fait d'avoir une base orthornormée permet d'écrire l'inverse de
la matrice de passage sans calcul supplémentaire (car
). En revanche, transformer une
base de vecteurs propres que l'on a obtenu par la méthode
générale en une base orthonormée, requiert un calcul
supplémentaire. Pour le calcul par
ordinateur, il existe des algorithmes particuliers adaptés
aux matrices symétriques.