Il n'est pas question de faire ici une théorie de l'intégrale de Riemann. Notre but, en introduisant les sommes de Riemann, est d'abord d'aider à la compréhension intuitive d'une intégrale comme surface calculée en sommant de ``petits éléments géométriques''. Un autre objectif est le calcul de limites : on rencontre souvent dans les applications des limites de sommes que l'on ramène à des calculs d'intégrales en les exprimant comme sommes de Riemann. Les sommes de Riemann peuvent donc être vues comme un outil de calcul de limites.
Dans ce chapitre, tous les intervalles d'intégration sont fermés et bornés, et les fonctions à intégrer sont continues sur l'intervalle d'intégration.
Si
et
sont deux réels tels que
, et
une
fonction continue sur l'intervalle
, la notation
désigne l'aire de la portion du plan limitée par le graphe de
,
par l'axe des
et les deux droites verticales
et
avec la convention que les aires sont négatives pour la partie du plan
située au dessous de l'axe des
.
Les sommes de Riemann sont un des moyens de donner une définition rigoureuse de l'intégrale sur un intervalle. La définition d'une somme de Riemann passe par une subdivision de l'intervalle d'intégration.
Une subdivision est donc un découpage, une partition, de l'intervalle
d'intégration en sous-intervalles. L'idée pour approcher
l'intégrale de
sur
est de remplacer
par une fonction
en escaliers, constante sur chaque intervalle de la
subdivision. L'intégrale d'une fonction en escaliers est une
somme de surfaces de rectangles que l'on appelle somme de
Riemann associée à
.
Parmi les sommes de Riemann correspondant à une subdivision donnée, deux jouent un rôle particulier, ce sont les sommes de Darboux, qui encadrent toutes les autres.
Rappelons qu'une fonction continue atteint son maximum et son minimum
sur un intervalle fermé borné. La somme
est la somme
de Riemann obtenue en choisissant dans chaque intervalle de la
subdivision, un point qui minimise
sur cet intervalle. Pour la
somme
, on choisit sur chaque intervalle un point qui
maximise
. Si
est une autre somme de Riemann, correspondant à
la même subdivision
, on aura évidemment :
En particulier,
et
fournissent un
encadrement de l'intégrale :
Dans le cas particulier où la fonction est croissante, elle atteint son minimum à gauche de l'intervalle, et son maximum à droite. On a alors :
Les sommes de Riemann fournissent une approximation d'autant meilleure
de l'intégrale de
sur
que le pas de la subdivision est petit.
Nous admettrons le théorème suivant,
qui justifie la définition
de l'intégrale comme limite de sommes de Riemann.
En pratique, on ne rencontre guère que des subdivisions à pas
constant, c'est à dire que les
sous-intervalles ont tous la
même largeur
. Dans ce cas, les
points sont donc :
Les
valeurs
sont elles aussi régulièrement
espacées en général, et ce sont même le plus souvent des
valeurs à l'une des deux bornes de chaque intervalle.
Leur limite est l'intégrale de la fonction
entre
et
.
Voici un premier exemple.
Soit
un entier strictement supérieur à 1, considérons la somme :
C'est une somme de Riemann associée à la fonction :
. Sa limite, lorsque
tend
vers
, existe et est égale à :
Voici un deuxième exemple. Considérons la somme :
.
Or, le graphe de cette fonction est un demi-cercle de rayon